Portugal 2016
Portugal 2016 (Porto et vallée du Douro)
Jeudi 2 juin : direction Mont-Saint-Félix
Notre départ pour Porto et le Nord du Portugal. Un projet de longue date qui se concrétise.
Les inquiétudes liées aux préparatifs
- Quand l'organiser ? On finit tout juste la rénovation de notre cuisine. Tout est nickel, on peut partir l'esprit tranquille.
- L'année 2016 a pourtant mal commencé, avec les attentats de Bruxelles le 22 mars, et maintenant les grèves qui touchent la SNCB.
- Le départ était programmé en train, de bonne heure, via la nouvelle ligne de Schuman à l'aéroport, mais les grévistes en ont décidé autrement.
- Finalement Sandrine s'y colle. La veille on a organisé une chouette soirée diables rouges'. Damien a apporté des déguisements. Bon, le match n'était pas particulièrement fameux : 1-1 contre la Finlande. Il faudra se rattraper à l'Euro2016 qui débute en France à notre retour du Portugal avec Belgique Italie.Zaventem est à peine remis de ses plaies. Nous passons toutefois le nouveau contrôle de police préalable sans fouille particulière. Ni les aiguilleurs du ciel, ni les policiers, ni les douaniers, ni le personnel chargé des bagages, ni le personnel de bord, personne ne fait grève en ce jeudi 2 juin. Exceptionnel ?
Voyage sans encombre. On apprécie la place disponible pour les jambes dans l'avion ! Beaucoup mieux que d'habitude !
A Porto, une navette Sixt nous conduit illico chercher la voiture de location. Un peu d'attente au soleil. Je fais connaissance avec une parisienne et on parle grèves, inondations, attentats,
Ce sera une Seat Ibiza toute neuve, 12 km au compteur, pas de griffes ni de document à compléter. Il faudra la traiter avec douceur donc.Arrêt dans un centre commercial Outlet le long de l'autoroute car nous sommes affamés. Nous choisissons une assiette de poissons avec des légumes cuits et des pommes de terre non épluchées et riz en supplément, dans un minuscule resto cuisine portugaise. C'est délicieux. Je ne peux résister à un tour dans la galerie et je trouve de petits livres de recettes portugaises bien sympa : premier cadeau pour les filles, et encore des colliers bling-bling tellement bon marché que je craque, et finalement encore 4 tasses exactement comme je cherche depuis que Daniel a cassé la série (enfin, sauf une ;-)
Direction Povoar de Varzim au Mt-St-Felix Hillside & Nature. Un peu difficile à trouver, mais Google Map nous donne un coup de pouce. L'hôtel 4* se situe à flanc de colline. Une croix géante, des vieux moulins et un monument érigé en hommage aux nombreux émigrants portugais se trouvent à proximité de l'hôtel. Le site est accessible par des escaliers qui desservent des chapelles en azulejos séparées de 40 marches chacune. On commence la descente, mais on fera rapidement demi-tour.
Souper à l'hôtel, servi par le parfait sosie de l'acteur italien Roberto Benigni.Vendredi 3 juin : Viana do Castello
Petit déjeuner un peu court côté pain, mais ça ira.
Direction Viana do Castello via l'autoroute car le programme prévu par Daniel pour cette 1e journée de visites est ambitieux ! Les autoroutes sont payantes et peu fréquentées et notre dispositif pour le péage automatique nous permet de passer sans s'arrêter sur la bande de gauche. Toutes les routes sont impeccables, bien entretenues, tout est bien fléché.
La ville de Viana nous plaît beaucoup. Nous démarrons par une petite rue où des dames installent leur échoppe de poisson frais. Je fais des photos des azulejos et des monuments, et encore de menus achats : porte-monnaie en liège, essuies décorés de motifs typiques. Les vendeuses sont super sympas. Tout le monde fait un effort en français. Il ne fait pas très chaud, mais il ne pleut pas. Les nuages se réduisent et on finit avec 23° : le top.
A notre passage près de l'estuaire de la Lima, un restaurateur nous promet un apéro gratuit si nous dînons chez lui. Il est trop tôt et nous poursuivons la visite de la ville, des églises et des places avant de retourner dîner au bord du fleuve. On nous sert notre 1er porto et on nous présente des poissons frais. Nous choisissons une sorte de sole. Après une heure d'attente, on nous la sert. Le serveur me sauve en la découpant pour nos assiettes. Déception, pas tellement de goût et nous réalisons que nous n'avons vu ni la carte, ni aucun tarif ! Et voilà, la note s'élève à 76 euros et ils n'acceptent pas notre carte de crédit. Par rapport aux 15 euros de notre poisson d'hier, moins prestigieux, mais plus gouteux, pff !
L'après-midi nous prenons des routes vertes à travers la montagne et les genêts en fleur, de toute beauté et paysage très varié. La Seat roule très bien. Pour faire une photo des genêts, nous nous arrêtons au bord de la route. Il y a un petit poteau indiquant Caminho'. J'y vais, j'entends le bruit de l'eau : un petit ruisseau cascade gaiement, et nous voilà partis pour une petit promenade. Nous aurions programmé de la faire, nous n'aurions pas trouvé l'endroit.
L'objectif de notre route est Lindoso, presqu'en Espagne, avec un cimetière d'espigueros, selon Daniel, des moulins à vent. Finalement ce sont des greniers à grains sur pilotis, en si grand nombre et très rapprochés, ce qui fait effectivement penser à un cimetière.
En route, je photographie des vaches brunes avec d'immenses cornes aux jolies lignes.
Arrêt à un point de vue époustouflant sur les montagnes environnantes.
Puis retour par l'autoroute car il est déjà 19h et nous sommes très loin de Mont St-Félix. Je veux souper à la mer. Ce sera à Esposende où une jeune serveuse super dynamique me rappelle terriblement ma Drinette. Le riz aux fruits de mer (Arroz de marisco) est copieux et délicieux. On s'en sort pour 30 euros de nouveau en cash !
Il est 22h. Nous devons garer la Seat sur le parking de réserve, en bas.
Je dors très bien et le réveil est plus facile qu'hier. A 8h30, nous sommes les premiers au petit dej et il y a un peu plus de choix, surtout pour le pain ;-)
Daniel va chercher la voiture dans le parking en bas. Je vais régler le souper du premier soir. Surprise, il n'y a rien à payer ! La note arrivera peut-être à Rix ?
Direction Braga par l'autoroute. Nous y sommes avant l'ouverture des boutiques. La ville est grande et moins sympa que Viana. Une étudiante m'interviewe pour son travail de fin d'études en tourisme. A ce moment je ne sais pas encore que Braga ne nous séduira pas trop. A l'Office du tourisme nous achetons le cahier qui servira à raconter notre périple, puis nous visitons la cathédrale et après quelques photos des places et des bâtiments, nous repartons en direction de Bom Jesus tout près de Braga.
Nous garons la voiture au bas du monument et nous prenons le funiculaire (un des plus anciens d'Europe) pour monter sur le lieu du pèlerinage. Des pèlerins montent les escaliers en récitant des prières et en chantant des louanges.
Le sanctuaire de Bom Jesus date du début du 18e siècle. De style baroque et néo-classique (1784-1841), il est perché au-dessus d'une colline à laquelle on accède via un chemin d'escaliers représentant le chemin spirituel du croyant, avec un chemin de croix bordé de chapelles, de fontaines, puis l'escalier des 5 sens : des fontaines dont l'eau jaillit des des orifices respectifs de la tête, puis l'escalier des 3 vertus.
Au sommet se prépare un mariage. Le photographe a déjà mis en route son drone, et nous commentons les tenues rouges des invitées et leurs chaussures à talons improbables. (Aurélie vient de nous envoyer la photo de sa robe rouge commandée pour le prochain mariage de Xavier ;-)
Après la descente à pied, nous repartons en direction de Chaves sur une route nationale verte. On s'arrête pour dîner dans un resto en bord de route. Un autocar y a déposé un groupe de portugais en goguette qui font la fête bruyamment. C'est très animé et très sympa. Nous sommes super bien accueillis et les serveurs gèrent à fond. Je mange mes premières cerises. C'est la saison.
On est au milieu des vignes. Dehors un haut-parleur diffuse de la musique portugaise.
Comme notre route nous éloigne toujours vers le nord-est, il va falloir bifurquer vers le sud par de petites routes. Petit stress et GoogleMap revient à la rescousse.
Nous sommes dans le Parc National de Peneda-Geres. Nous croisons des chevaux qui broutent en liberté au sommet d'une montagne couverte d'éoliennes.
Daniel a un peu mal au dos et nous retrouvons une nationale et l'autoroute qui nous mènent à notre nouvelle villégiature, à Marco de Casaveses, chez Ines Sousa Guedes à la Casa do Outeiro. Il s'agit d'une magnifique quinta qui date des 16e et 17e siècles et dont Joseph, le propriétaire nous fait une visite guidée en français. Il y a quelques années il a transformé le manoir familial, ou du moins une partie, en gîtes. Il y a même une chapelle et il nous montre les titres de propriété d'époque, en vieux portugais. Il nous invite à déguster une bouteille de Vinho Verde à la piscine, dans son immense jardin arboré. La maison est entourée de la vigne et d'un bosquet (40ha). Nous disposons d'une chambre et d'une salle de bain privée séparée, ainsi que d'une terrasse agréable.
Nos hôtes nous renseignent un bar à tapas pour souper. Les jeunes propriétaires nous expliquent toutes leurs spécialités et nous conseillent pour un choix varié. Finalement c'est à nouveau un repas plus consistant qu'attendu. Il va falloir se calmer dans les jours qui viennent !
La nuit est un peu difficile.Le petit déjeuner est prévu à 9h dans la grande salle à manger du gîte. A 7h30, Daniel est déjà sur pied pour explorer les environs. Il fait agréable. De petits chemins s'enfoncent dans la campagne vers la vallée, dans la vigne ou dans un petit bois. Au loin le brouillard monte de la vallée de la Tamega. On ne l'avait pas encore vu celui-là. Rebroussons chemin afin de ne pas être conduit très loin.
Le petit déjeuner continental est très bien. Le café portugais est excellent. Nous parlons avec un couple français qui vient de Savoie. Sympas. Ils découvrent la région de manière plus aventureuse que nous en réservant leur logement de jour en jour.
Ce matin nous avons décidé de remonter au Nord, sur Guimaraes que nous avons délaissé hier par manque de temps.
C'est le 1er dimanche du mois et certains musées sont gratuits. Mais la ville nous parait trop calme et l'animation de Viana do Castello nous manque. Les habitations et bâtiments du centre-ville sont typiques avec ferronneries, sous-toits et balcons, mais pas beaucoup d'azulejos.
Nous visitons le musée Alberto Sampaio, puis déambulons dans la ville jusqu'à un petit marché écolo. Pour terminer la visite de la ville, nous montons jusqu'au château des Ducs de Bragance dont l'intérieur est impressionnant, notamment par son mobilier, les grandes pièces de tapisseries. Puis quelques photos dans le parc attenant qui comprend également le Castelo médiéval avec son donjon flanqué de quatre tours en créneaux.
Nous avons dû garer la voiture assez loin et sur notre chemin nous entrons dans un resto local qui ne paye pas de mine mais affiche cuisine portugaise depuis plus de 100 ans'. La proprio nous entraîne à la cuisine pour nous montrer les plats du jour. Va pour une sorte de paëlla locale qui nous sera servie par un papy hyper méticuleux sur l'usage des couverts. On mange bien et pas cher du tout, moins de 10 euros par personne.
Le but de la journée après Guimaraes est Amarante, où se déroule la fête du saint patron Sao Gonzalo. Mais il y a vraiment trop de monde et pas moyen de se garer jusqu'à des kilomètres de l'autre côté de la ville après des files interminables. La chaleur est accablante, et je ne me vois pas remonter tout ce chemin après notre visite. Nous décidons de rentrer à Marco pour profiter du splendide gîte. Après un court repos, nous entreprenons une marche dans les bois attenants, jusqu'à l'église et retour par les vignes avec quelques essais du retardateur de l'appareil-photo.
Le soir, après un tour en voiture pour voir le Tamega, impossible à trouver, nous découvrons une churascaria et notre brochette de viande nous goûtera particulièrement bien, ainsi que les frites pour une fois faites à la belge.
La nuit sera meilleure que la précédente et à nouveau réveil matinal pour rédiger ce compte-rendu détaillé du voyage ;-)
Nouvelles de Belgique : 3-2 pour le match amical Belgique-Norvège. Et toujours des inondations à Paris et en Wallonie. A Pairi Daiza, Hoao a accouché d'un petit (vraiment minuscule) panda. Tout va bien pour la mère et le petit.Lundi 6 juin - La vallée du Douro
En route pour la vallée mythique du Douro, ce matin.
La nuit s'est mieux passée. Daniel se lève encore tôt. Sur la terrasse le français de Savoie déguste un petit expresso. Il n'en reste déjà plus pour Daniel. Tant pis. Au petit déjeuner, il y a un couple d'australiens aujourd'hui. On ne sympathise pas vraiment. Le proprio nous fait une liste des endroits à visiter. Assez classique ! Mais nous apprécions le geste. Voilà l'heure de régler le séjour. Daniel en oublie le code de sa carte de crédit. Mon oeil ! Heureusement que je suis là. La fille de la maison est à nouveau présente, Pilar, qui porte donc le prénom commun à chaque génération de la famille. Elle cherche un emploi dans le tourisme. C'est difficile au Portugal, comme en Belgique. Nous l'encourageons.
Allons-nous voir la rivière Tamega avant de quitter la région ? Oui mais pas à Marco do Canaveses. Google Map nous ramène au sanctuaire situé dans la colline (outeiro) en face du gîte. De là, vue magnifique sur la propriété que nous quittons.
Notre route nous amène au Douro via la N210 et nous nous arrêtons à Tourao au confluent Tamega-Douro : premières photos des ponts sur le Douro. Puis nous visitons le barrage sur le Tamega. De là nous passons par Entre-os-Rios puis nous prenons la direction de Cinfaes après avoir traversé le pont sur la N108. La route est sinueuse et nous conduit dans la montagne avec de temps à autres de jolies perspectives sur le Douro.
A un miradouro, nouveau test du retardateur. Moins performant cette fois. La route parait longue avant de rejoindre enfin les bords du Douro à Porto Antigo ou nous prenons un léger repas (omelette pour Daniel et melon-jambon pour moi) au confluent entre le Douro et le Rio Bestança. L'endroit est sympa, il fait beau, quelques bateaux de touristes passent sur le fleuve.
Nous reprenons la route vers l'hôtel à Santa Cruz do Douro. Aujourd'hui nous voulons un peu profiter du Palace moderne avec la vue promise dans le catalogue ;-) Difficile, ou plutôt long, d'accès mais Daniel l'a repéré en passant sur l'autre rive du Douro ce matin.
Effectivement de notre chambre la vue est géniale. La terrasse est entièrement vitrée et nous met à l'abri du vent. Mais il fait + de 25° vers 16h30.
Un grand bateau-hôtel passe justement sur le Douro au moment où nous prenons possession de notre chambre. Entre l'hôtel et le Douro la vigne occupe la colline. Les hirondelles circulent en contrebas de notre terrasse idéalement située. Un rêve. La piscine attire Daniel qui va y faire trempette. Dommage, il n'y a plus de bateaux.
Souper à l'hôtel. Tout le monde pratique le français avec plus ou moins d'expertise. Mais il y a étrangement peu de vacanciers. Ce n'est pas encore la haute saison, ce qui nous a permis d'accéder à bon compte à une des plus belles chambres du palace.
Mardi 7 juin - croisière Regua - Pinhao
Très bonne nuit dans notre Palace. Daniel est à la terrasse dès 7h. Le brouillard complet se lève avec le soleil en dégageant progressivement le Douro. A 8h, le brouillard est parti et le soleil brille. Sur le Douro, quelques kayaks passent. La chaleur monte. Déjà 18° à 7h30. Une belle journée ensoleillée s'annonce. Après un bon petit dej, nous sommes prêts pour découvrir la région. Objectif : Peso de la Regua pour une croisière en bateau jusque Pinhao et retour en train. Pour quitter l'hôtel, nous tentons une autre route qui nous mène près de la gare de chemin de fer de Caldas de Aregos, où nous décidons de prendre le Caminho de Jacinto' qui longe la voie et le Douro. Rapidement le chemin agréable nous fait remonter la colline et nous force à rebrousser chemin.
On reprend la voiture pour Regua. Le paysage, jusqu'alors assez encaissé, s'élargit et la vigne colonise le versant de la montagne. Nous sommes arrivés au coeur du vignoble de Porto. Les Quintas sont plus imposantes. Cà et là, les cerisiers, lourds de fruits rouges remplacent les citronniers et les orangers.
Nous arrivons à Regua vers midi et décidons de réserver un bateau pour 14h45. Grosses chaleurs. N'allons-nous pas regretter ce trip au soleil ? Après un premier rafraichissement dans un bar sur le port, nous partons visiter la ville et à la recherche d'un resto. La voiture attendra sur un grand parking gratuit à l'entrée de la ville. Le restaurant est sans grande prétention mais nous permet d'échapper à la chaleur. Dans la ville quelques séries d'azulejos rappellent le destin viticole de la région. Quelques bâtiments abandonnés défigurent le paysage. La ville est calme. Quelques hommes sont assoupis sur le trottoir d'une maison. Daniel pose comme eux pour une photo amusante ;-)
Visite de la gare puis recherche d'un point d'ombre pour attendre le bateau. Un groupe scolaire bien animé attend aussi. J'achète les bonbons typiques de la ville à une dame infatigable à la recherche de clients parmi les rares touristes.
Aussitôt sur le bateau, nous cherchons l'ombre. Il n'y en a pas vraiment. Coup de soleil assuré.
A Regua, le fleuve est assez étroit et asséché sur le côté. Plusieurs ponts dominent le fleuve. Du plus ancien au plus moderne, on gagne en hauteur. Rapidement un barrage se profile et le passage de l'écluse pour 2 bateaux simultanément (voilà pourquoi les bateaux naviguent toujours par deux). Sur le pont supérieur, on voit particulièrement bien la manoeuvre et les enfants sont très excités.
En remontant le Douro, les quintas se succèdent : à Regua, Sandeman et son effigie célèbre qui domine la ville, puis Quinta Dona Matilda, Ferreira, Quinta de la Rosa, dos Murros, Deux heures de trajet puis arrivée à Pinhao où nous nous dirigeons en fille serrée vers la gare. Une dégustation de Porto y est prévue. Les enfants s'approchent et font la causette. Nous sommes impressionnés et charmés par leurs efforts et leurs connaissances des langues à 12 ans à peine. Une institutrice en présente un comme son chien'. Elle veut dire le sien'. Tout est question de s' prononcé à la portugaise.
La gare de Pinhao est couverte de grands azulejos et est réputée comme l'une des plus belles du pays. Il y aura du monde dans le train qui longe le Douro. Nous avons une place assise malgré tout et le trajet du retour vers Regua dure 45 minutes.
Nous prendrons notre souper à Mesao Frio sur les hauteurs de Regua à mi-chemin de notre hôtel. Le patron nous offre un porto de sa propriété viticole. Nous assistons à une dispute entre un client et la patronne à travers le passe-plat, assez drôle.
Un peu difficile de retrouver l'hôtel pour y soigner les coups de soleil et pour un repos bien mérité après la plus belle journée du voyage ;-)
Nouvelles de Belgique : il pleut toujours autant, et avec des grêlons. Les filles ont hâte de partir à leur tour.Scenario habituel : Daniel se lève tôt pour observer le brouillard, remplacé progressivement par le soleil. A 7h, concert de cloches sur le Douro. A nouveau un bateau hôtel passe, ce qui ravit Daniel.
Route à nouveau vers le Douro. Direction Regua via Lamego et le pont de Resende. Premier arrêt sur le pont et quelques photos : belles vues sur le fleuve et les coteaux. De nombreuses hirondelles volent sous le pont. Je trouve le spectacle magique et je filme quelques instants les trajets incessants vers les nids probablement présents sous le tablier du pont.
La route s'élève de nouveau dans la montagne avec de jolies perspectives sur le Douro et la vallée couverte des vignes du vin de Porto (le Nectar divin).
On passe Barro avec arrêt pour le cimetière en flanc de colline.
Lamego se trouve en retrait du Douro et le centre historique donne accès à quelques églises dont le sanctuaire construit sur le même schéma que Bom Jesus à Braga.
Petit rafraichissement puis visite du centre avec sa cathédrale (Sé) dont la tour principale est d'origine et le transept et le choeur ont été reconstruits par après.
Nous cherchons à manger (léger), et nous arrêtons dans un petit snack qui propose des tapas de fromage et jambon régionaux. Malheureusement très décevant.
La chaleur est intense et nous nous réfugions dans la voiture avec la clim à fond. Pas question de faire la volée d'escaliers qui mène au sanctuaire. Nous ferons comme les nombreux cars de touristes : deux ou trois photos, puis s'en va.
La descente sur Regua nous permet d'admirer de belles vues sur la ville et son port. Nous traversons le Pont et destination Vila Real. Nous sommes vraiment en plein dans la région du vignoble. Chaque m² y est dédié. Vila Real est une grande ville et notre véritable objectif est la visite de la propriété Mateus qui se trouve en bordure de la ville. Nous y arrivons un peu par hasard . Daniel fait mine de s'engager dans l'allée d'entrée du château, mais un vendeur de rue nous indique que cette entrée n'est pas pour nous ;-) Les jardins à la française entourent un majestueux château de style baroque. Les thuyas qu'un jardinier taille à la main, à 6 mètres de haut, sont tout à fait impressionnants. Un petit musée et un entrepot permettent de se rendre compte de la destination viticole de la Quinta Mateus (Solar de Mateus). Après l'achat de cerises, de sardines et d'un petit vélo en fil de fer, nous reprenons la route 322 qui nous amène à Pinhao via Sabrosa.
Après Sabrosa le paysage est particulièrement beau. Nous nous retrouvons près de la gare de Pinhao et nous marchons vers le port sous une chaleur torride. En été, il fait autour de 40° par ici ! On imagine les conditions de travail des vendangeurs !
Petite pose boisson et retour par la route qui longe les rives du Douro vers Regua. Nous aurons fait ce trajet en bateau, par le rail et par la route sans nous lasser, bien au contraire.
A Regua, nous passons tout près de l'emblème de Sandeman et nous rejoignons le N222 prise ce matin. Nous prolongeons vers Resende pour nous restaurer. Nous choisissons une churascaria tenue par une dame seule bien sympathique qui ravive son feu pour nous servir un plat très copieux et délicieux. Je demande un porto, pensant attendre un moment que la viande soit prête et Daniel demande du Mateus, comme il se doit pour accompagner le repas. Le porto en vaut bien trois ! mieux encore qu'à Bébange ! Nous profitons d'un bon repas bien arrosé, seuls à la terrasse, si ce n'est deux vieux habitués qui viennent juste prendre un pot et continuent leur tournée des bars. La patronne nous parle de son fils qui vient d'avoir une très bonne note en anglais, mais qui a du mal en français.
Retour à l'hôtel via le pont de Resende.Dernière étape de notre circuit aujourd'hui. C'est un peu triste de quitter notre Palace et de rendre la voiture à l'aéroport de Porto.
Nous prenons donc la direction de Marco de Cavaneses pour prendre l'autoroute, et c'est là que le Tamega nous apparait pour la première fois comme une grande rivière, endroit que nous n'avons jamais trouvé malgré les tours et détours lors du séjour au gîte de la Casa de Outeiro !
Nous tentons une petite balade le long de la route, mais l'endroit choisi n'est pas génial.
Nous voilà donc une dernière fois sur l'autoroute que nous quittons pour faire le plein avant de rendre la Seat. Quelques hésitations pour retrouver Sixt mais aucun problème pour la remise bien plus rapide que l'enlèvement.
La navette de Sixt nous ramène à l'aéroport où nous prenons le métro après quelques difficultés et une longue file pour acheter la carte et le contrat correct pour les deux jours qui viennent. Le métro nous amène à Casa da Musica ou nous prenons un bus vers l'hôpital San Antonio.
Arrivés dans la rue Restaurçao, nous avons un petit doute en voyant l'énorme chantier à l'adresse de notre AirB&B !! Mais la maison est la voisine directe du chantier, au 424. Andrea, notre hôtesse nous attend et nous fait visiter toute la maison. Nous avons une belle chambre avec une petite terrasse avec vue sur le Douro à travers le dernier étage d'un immeuble, qui se résume à un mur avec les trous des fenêtres. Ce genre d'architecture est fréquent à Porto.
Il fait toujours aussi chaud. Il est 14h et nous avons faim. Nous nous installons à la terrase d'un resto près du palais de justice. Daniel va tester la spécialité locale : une Franceshina, sorte de croque-monsieur rempli de charcuteries.
Enfin, nous nous retrouvons au centre historique de Porto dans les quartiers Aliados et Ribeira.
Après-midi moins chaude qui nous réserve en fin de journée 2-3 gouttes. Premier arrêt à une boutique typique très ancienne avec du bacalhau séché qui pend en devanture du joli établissement. Nous allons un peu au hasard des rues. Nous passons devant la grande tour de l'église des Clérigos, puis nous descendons vers la rue typique Rua des Flores avant d'arriver sur la place de la gare Sao Bento'. Nous sommes bluffés par le hall d'entrée majestueux couvert d'azulejos qui racontent l'histoire du rail au Portugal. Une gare où l'on n'a pas de regrets quand on rate son train'.
En face de la gare, l'église des Congrégations attire notre regard, puis nous remontons vers l'église Sto Ildefonso près de la place de Batalha où se trouve le Théatre National Sao Joao. Sur cette place on prépare la fête nationale de demain. Des femmes y vendent d'étranges pots de fleurs sans fleurs qu'on me renseigne comme des marguerites. Je n'en crois rien. Notre périple urbain nous conduit vers la cathédrale (Sé) entourée d'une esplanade qui offre une belle vue sur les petites rues médiévales qui l'entourent. Sur l'esplanade on ne peut pas rater un pilori torsadé. Charmantes, les habitudes au moyen-âge. La cathédrale a une allure de forteresse, avec une rosace en façade. L'intérieur est très sombre.
A l'Office du tourisme, nous entrons pour demander quelques conseils de visite et nous tombons sur deux employées super sympas et drôles qui nous renseignent sur les fameuses plantes vendues partout : rien à voir avec des marguerites, ni la fête nationale ! C'est du basilic, et c'est pour offrir à l'occasion de la Saint-Jean, le 24 juin. La fête nationale n'est nullement l'occasion de festivités à Porto, qui s'enflamme lors de la fête de Saint Jean-Baptiste, avec des traditions aussi bien profanes que religieuses. Dommage, nous aurons quitté Porto depuis belle lurette : ce sera donc une occasion d'y revenir dans quelques années.
Nous redescendons vers le Douro par de petites ruelles décorées de guirlandes et de drapeaux (pour la fête nationale ?). Nous arrivons à Praia de Ribeira le long du fleuve parmi la foule de touristes installés aux terrasses des cafés et restaurants avec vue sur le magnifique pont métallique à 2 étages. Le Ponte de Luis I est l'oeuvre d'un architecte belge disciple de Gustave Eiffel. Les maisons du quartier sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Nous goûtons un porto rouge pour moi et un vinho verde pour Daniel dans un des cafés en terrasse.
Puis plus tard nous optons pour un resto un peu en retrait avec des serveurs à l'allure exotique (brésiliens ?) et nous mangeons prés d'une chaufferette : oui, il fait froid après la petite pluie.
A la télé passe la première mi-temps d'un match Brésil-Haïti de la Copa America.
Puis nous décidons de prendre le bus 500 pour nous conduire le long du fleuve, le plus près possible de l'hôtel. La remontée à pied depuis le Museo do Porto est assez pénible, vu la fatigue accumulée au long de cette journée en ville.
Daniel est encore et toujours le premier levé et profite de la terrasse qui donne sur le gros chantier de l'immeuble voisin à gauche, la belle terrasse-jardin de la maison et en surplomb sur Gaia, l'autre versant du fleuve avec les entrepôts de vin de Porto et un petit coin du fleuve à travers les deux fenêtres' de l'immeuble en face.
Aujourd'hui nous allons utiliser la carte Andante pour les bus. Nous descendons d'abord la longue rue Restauraçao où circule le petit tram historique. Au bas de la rue, le long du Douro nous prenons le bus 500 direction la mer' à Foz do Douro. Le bus passe sous le pont de l'autoroute Ponte de Arrabida'. Avant l'arrivée du bus nous observons l'atterrissage et le redécollage de l'hélicoptère des hélitours qui se pose juste en face de nous et fait des pirouettes un rien effrayantes autour du pont. Le trajet en bus sera court. Nous nous engageons à pied en bordure du Douro vers son embouchure sur l'Océan Atlantique, via le Jardim do Passeio Alegre. Des palmiers géants forment une allée vers le Farol Senhora da Luz. Le phare n'est pas spécialement joli, mais les pêcheurs y préparent leurs nacelles et dans les palmiers des perruches nichent, volètent et chantent. L'endroit est aménagé pour les piétons et pour les vélos. Un peu plus loin, un premier fortin délimite la promenade en bord de mer (ou plutôt de l'océan). Une longue jetée qui reçoit quelques vagues assez violentes avec un air très vivifiant et une belle vue sur l'océan. Les pêcheurs prennent de gros risques pour lancer leur ligne au plus près de la mer sur les contreforts glissants de la jetée. Daniel va jusqu'au bout et se fait arroser par une vague, hihi !
Ensuite la promenade aménagée longe diverses plages assez rocailleuses. Les joggeurs, bikers, rollers s'en donnent à coeur joie le long des Avenidas do Brasil et Montevideo bordées de cafés et restaurants. Des colonnades des années 30 et plusieurs esplanades fleuries rendent la promenade vraiment agréable. Sur la fin, je fatigue et Daniel insiste pour parvenir à l'autre bout près du second fort appelé Castelo do Queijo. Quelques kilomètres de marche dans le vent et sous le soleil.
Nous reprenons un bus pour rentrer directement dans la ville via l'avenue BoaVista bordée de villas luxueuses et qui nous ramène à la Casa da Musica, en forme de polygone et diamant.
Notre bus nous dépose au Mercado do Balhao. Malheureusement celui-ci est fermé. Ce sont les seules traces visibles de la fête nationales : les commerces fermés. Nous allons pour dîner sur l'Avenida dos Aliados. Cette avenue des Champs-Elysées' de Porto est dominée en amont par l'Hôtel de Ville : Camara Municipal, avec une oeuvre moderne qui du bas cache un peu la perspective. Nous mangeons des sardines grillées à une terrasse. Décevantes.
Nous reprenons notre périple vers Sao Bento et la Rua das Flores. Nous nous attardons dans un petit marché artisanal sur une place cachée par des bâtiments modernes puis nous arrivons en bordure du Douro pour la visite de Igrega de Sao Francisco. L'intérieur baroque est très chargé. Le moindre cm² est entouré de boiseries dorées. Plus de 100kg d'or y sont passées pour effectuer les dorures des angelots, coquillages, voutes, colonnes, Saint François d'Assises doit se retourner dans sa tombe.
On y remarque l'arbre de Jessé qui illustre la généalogie de Jésus.
Nous visitons également un petit musée adjacent et surtout les catacombes où les grands personnages de Porto furent inhumés. L'ossuaire fait froid dans le dos.
Je ne me sens pas très bien. C'est vrai qu'on a beaucoup marché sous le soleil, finalement plus fort qu'on ne l'imagine, vu la force du vent qui rafraichit très fort l'atmosphère.
Nous reprenons un bus qui nous remonte à hauteur de la gare de Sao Bento pour prendre le métro qui traverse le Douro via le pont Dom Luis. La vue plongeante sur le Douro est juste magnifique.
Nous débouchaons en haut de la colline de Vila Nova de Gaia avec également des vues époustouflantes sur Porto Ribeira. Puis nous nous offrons la descente en téléphérique, vers le centre de Gaia qui se compose presqu'exclusivement des caves où le porto est conservé, ou dégusté sous toutes ses versions : White, Ruby, Tawny, 10ans, 20ans, Reserve, Vintage, )
Nous débutons par la dégustation gratuite grâce au ticket de téléférique, chez Quevedo Porto Vinho, puis nous allons visiter les caves Ferreira où la visite guidée est plus complète et intéressante qu'à la gare de Pinhao. C'est la dernière visite de 18h30. Nous dégustons notre Porto attablés avec deux jeunes allemandes qui ont choisi la version Premium mais n'apprécient pas le Porto !
A la sortie de la cave, nous longeons la berge pour faire quelques photos supplémentaires des jolis bateaux à quai sur le fleuve. Les grands bateaux-hôtel s'arrêtent ici et beaucoup de bus ont des difficultés à se stationner ou à repartir. Nous renonçons à souper sur place car nous ne voulons pas rater le dernier téléphérique.
Dernier grand repas près de Alliados dans un resto très sympa où nous dégustons une Arroz marisco' paradisiaque. Les serveurs sont comiques et les clients assez spéciaux pour nous amuser. La télé transmet la cérémonie d'ouverture de l'Euro 2016 de football à Paris. Premier but marqué et dans la rue des cris de joie résonnent.
Nous ne sommes pas très loin de l'hôtel et cette nuit sera déjà la dernière au Portugal.Samedi 11 juin : Porto et retour en Belgique
Dernière matinée de visites.
Après les derniers conseils de notre hôtesse, nous bouclons nos valises. Petite anecdote : en remontant je me trompe de chambre : j'entre, et ce n'est pas chez nous' ! Je veux refermer la porte, mais c'est impossible. Gênant ! Notre hôtesse ne trouve rien de grave à l'évènement et referme cette fameuse porte : conclusion, toutes les clés des clients ouvrent les portes de toutes les chambres ! Nous laissons nos bagages à la cuisine et nous partons découvrir un dernier quartier de Porto, pas bien loin et qui nous avait échappé les deux premiers jours !
L'hôpital San Antonio : nous habitions tout près mais nous n'avions pas encore remarqué la majestueuse façade. Puis deux églises côte à côte : celle des Carmes (où commençait un office au moment de notre entrée), et celle des Carmélites, séparées de 1 mètre !. Beaux azulejos sur le côté de l'église des Carmes. Pour le reste, il faut avouer qu'elles se ressemblent un peu toutes avec leur style baroque et rococo que nous n'apprécions pas trop, mais ces deux églises-ci étaient moins grandes et plus intimes donc plus propices au recueillement.
Sur la place, des travaux se déroulent, même un samedi pour le terminal des petits tramways historiques. Puis la Rua das Carmelitas, très commerçante, avec deux adresses à ne pas manquer :
- la Livraria Lello : entrée 3 euros, remboursables à l'achat d'un livre, ce que nous ne manquons pas de faire, le choix en livres récents en français étant étonnamment large.
Le décor est fabuleux : un escalier en colimaçon et une verrière magnifiques. On s'y bouscule pour la photo souvenir. Malheureusement les miennes ne sont pas bonnes. Je découvre quelques beaux livres très originaux et les auteurs classiques dans toutes les langues. Un bon moment !
- A Vida Portuguesa, à quelques maisons de là, offre un assortiment de produits portugais hétéroclites et souvent rétros, ce qui pousse à l'achat, comme par exemple une collection de modèles réduits de voitures. A voir absolument, et entrée gratuite ici. A noter dans l'escalier, les fameuses andorinhas (hirondelles) en céramique.
- la rue suivante accueille un marché d'antiquités et de brocante de luxe.
De nombreux magasins très typés notamment pour la vente de poisson ou de céramiques.
Retour à la place des Carmes pour un dernier verre et c'est le départ.
Nous récupérons les valises. Daniel change ses plans de trajet vers l'aéroport à la dernière minute pour prendre le bus 601 qui ne demandera aucun changement, mais nous ratons de peu celui de 12h48 et nous devons attendre le suivant pendant près d'une heure au soleil. De gentilles dames essaient de nous aider pour prendre un bus différent, mais qui nous obligerait à faire un changement vers une autre ligne ou via le métro. Avec nos valises, sous la chaleur, cela ne nous semble pas le bon plan, mais c'est difficile de leur faire comprendre nos raisons d'attendre.
L'aéroport est bondé et pas très organisé pour le check-in. Nous avalons un sandwich et un jus d'orange. Achat d'une bouteille de Porto Ferreira. Et direction la porte d'embarquement, qui a changé depuis l'enregistrement. Une dame âgée portugaise toute vêtue de noir nous aborde et nous comprenons qu'elle va à Luxembourg et qu'elle n'est pas sûre de sa porte d'embarquement. Je suis très touchée par elle et je m'inquiète qu'on la laisse là. Mais tout finit par s'arranger.
A notre arrivée à Bruxelles, Sandrine nous attend. La pluie aussi. Vive la Belgique !
Le soir Daniel regarde encore le match de l'euro Angleterre Russie. La nuit sera bonne, dans notre lit bien confortable.
Carnet de voyage