Islande 2013
Islande 2013
Les filles sont parties de leur côté. Aurélie est dans les Vosges avec Damien et sa famille. Sandrine termine son camp scouts à Jalhay, avec ses bras cassés' comme elle dit.
Nous comptons donc sur la SNCB pour notre trajet vers l'aéroport. Il fait beau, très chaud en ce mois de juillet 2013 en Belgique. On a attendu longtemps le soleil cette année et c'est avec un peu de crainte que nous partons vers le froid avec une valise remplie de vêtements d'hiver. Le trajet se passe bien malgré mes appréhensions quant à la ponctualité légendaire de la sncb. Cependant la keycard ne suffit pas et nous devons payer un supplément pour le diabolo-airport.
A l'aéroport, un couple de Namurois nous explique leur voyage. Ils nous mettent en garde contre les nuits dans les écoles, réquisitionnées en été pour loger les touristes qui n'ont pas choisi la version luxe ! Nous embarquons enfin, au fond de l'avion. Surprise, aucun repas pour nous ! Daniel a réservé le vol le moins cher sur internet. Voilà donc l'explication de notre économie !
Vu les 2 heures de décalage horaire, nous arrivons à 13h30 à Keflavik. Chouette, nous profiterons déjà bien de la 1e journée. Petit stress dans l'attente de la voiture de location de ATAK. On nous propose d'abord une voiture à boîte automatique. Daniel préfère la remplacer par une manuelle.
Nous voilà partis pour l'hôtel Berg, situé près du petit port de Keflavik, hôtel charmant, belle vue et accueil sympa. Le petit sentier démarrant juste en face et longeant la baie nous conduit vers une cabane. En y entrant je suis surprise (et choquée) par des bruits incongrus (pêts et rôts bruyants). Si si, je ne l'invente pas ! Il s'agit d'un ogre ! un troll. Voilà, nous avons bien atterri en Islande.
Nous découvrons en voiture la péninsule de Reykjanes. La jolie église à toit vert de Gardur (et son cimetière marin) puis 2 phares à la pointe de la péninsule (Gardskagi). Au passage, découverte de la maison d'un artiste excentrique qui a mis des sculptures hétérogènes dans son jardin. Le calme de l'endroit séduit de suite. Nous nous remettons en route à travers un paysage plat et lunaire. Enfin, en réalité, le paysage change tout le temps. De la verdure, avec quelques chevaux, puis des cailloux, puis de la lave recouverte de mousse jaune ou blanche, des rochers noirs de toutes les formes. Des cailloux ou des rochers grands ou petits sont empilés pour figurer des statues. Très bluffant, avec 2 ou 3 pierres, on représente un personnage (The Cove Cliffs of Vogastapi) ; d'autres servent simplement de signalisation balisant les sentiers de promenades le long d'anciennes routes.
Près du phare carré et orange de Grindavik Hraunsvik, nous voyons une baleine. Quelle émotion, après seulement une heure de route ! Mais des allemands nous prétendent qu'il n'y a RIEN ! Non, mais ! Quels rabat-joies !
Nous nous arrêtons à la faille entre les continents Européen et Américain sur le site aménagé de Sandvik. Dans la pub on promet un certificat (payant !) à ceux qui traversent le pont au-dessus de la faille. Mais aucun check-point à l'horizon.
Il fait beau et tout est magnifique. Nous traversons une zone de haute activité géothermique. Ca sent le souffre. A cet endroit pas d'arrêt. Mais plus loin nous passons près du Blue Lagoon, l'attraction-phare près de Reykjavik. Je pensais qu'il s'agissait uniquement d'une piscine. Mais il y un magnifique parcours autour d'un lac d'un bleu azur avec des rochers blanchis par la silice et les autres minéraux présents dans l'eau chaude qui sort de la montagne.
Malgré la faim qui me tenaille , Daniel insiste pour faire des photos de la petite église de Njardvik, construite en lave et entourée d'un joli cimetière dans lequel les tombes sont ornées d'angelots tout à fait charmants ; comme je m'impatiente, Daniel roule un peu trop vite et un casse vitesse est franchi d'une manière assez « fracassante ».
Premier repas au resto Kafi Duss tout près de l'hôtel : plat de poisson délicieux, mais un petit goût de trop peu après cette longue journée de voyage pratiquement à jeun ! Nous sommes bien fatigués et la nuit sera bonne après la promenade digestive le long de la mer. Il est 10h et le soleil ne se couche pas encore.
Copieux petit déjeuner à l'hôtel et départ avant 9h. Bravo ! Nous roulons vers le sud de la péninsule, vers Krysuvik-Seltun au bord du lac Kleifarvatn. La route traverse la montagne. Nous croisons quelques gros camions sur la route qui devient une piste caillouteuse puis de terre et finalement un chantier. Nous filmons un peu avec le Dashcam offert à Daniel pour son anniversaire. Arrivés à Krysuvik, peu de touristes, le site est très bien aménagé. Les vapeurs et les bouillonnements nous rappellent notre beau voyage au Costa Rica. Daniel voit des volutes au-dessus de la montagne et des gens qui sont tout proches de celles-ci. Ca grimpe à pic, et ça parait accessible. Nous voilà donc partis. Le soleil égaie la scène. Le vent s'y met aussi. Arrivés en haut, je sens ma joue droite très chaude, et la gauche très froide ! Daniel fait plein de photos. La descente est hyper périlleuse. J'ai peur de glisser. Mais à deux on s'en sort sans mal. C'est impressionnant tout ce que la terre crache, et encore plus ce qu'il doit y avoir là-dessous !
Il est 11h et nous repartons vers Reykjavik. Dans la zone des travaux il y a eu un accident. Un gros camion s'est couché sur le flanc. Nous passons à côté de ses nombreuses grosses roues ! Ambulance, police, pompiers sont déjà sur place.
Nous prenons un bout de route N°1 puis nous bifurquons pour contourner Hvalfjordur par la route 47. Les paysages sont toujours aussi variés et la mer est très belle. Jusque là nous avons vu beaucoup de chevaux dans les prés. Maintenant il y a aussi des moutons, dans les prés et à l'extérieur des clôtures. D'ailleurs nous en laissons passer 3 devant la voiture !
La route est plus longue que prévu et nous nous arrêtons à un restoroute sans prétention pour un burger et un peu de repos. Il y a là un musée sur la chasse à la baleine. Dans les champs, de grosses boules de foin attendent le ramassage.
Retour sur la route circulaire n°1 en direction d'abord de Borganes (sur Borgarfjördur) puis direction Stikkisholmur par la route n°54 qui traverse du Sud vers le nord la péninsule de Snaefellsnes. Au loin, à l'ouest on commence à apercevoir la calotte glacière du Snaefellsjökull qui culmine à 1466 m et apercevons nos premières cascades en aplomb de la montagne que nous traversons. Notre second hôtel, ou plutôt l'auberge de jeunesse (il n'est jamais trop tard pour de nouvelles expériences) se situe à Grundafjördur (sur Breidafjördur). Nous arrivons sous la pluie. Dommage. Nous avions prévu une sortie en mer : pas possible dans ces conditions climatiques.
En route donc pour Stikkisholmur, joli port de pêche et lieu de départ du ferry vers les fjords de l'Ouest. Le temps de choisir quelques cartes postales et un recueil sur les petites manies propres aux Islandais ainsi qu'une casquette pour Daniel.
Nous avions remarqué les drapeaux en berne et j'ai voulu savoir ce qui s'était passé. J'ai compris des explications de la vendeuse qu'il y avait eu un décès dans la localité. Je voulais savoir de quelle personnalité il s'agissait. Eh bien, à chaque décès, les drapeaux sont mis en berne en signe de deuil. Tous les islandais sont égaux. De la même manière à chaque naissance on tire un coup de canon.
La pluie a cessé. Nous montons jusqu'au phare.Nous trouvons un resto sympa : le Plassis : plat du jour : soupe et poisson : délicieux.
Il est 10 h du soir et il fait toujours clair, même si le soleil est passé de l'autre côté de la montagne.
Daniel observe le coucher de soleil jusque 11h : le soleil passe derrière le volcan Kirkjufull (463 m) et réapparaît de l'autre côté, tout rouge au niveau de l'océan.
Réveil plus tardif à l'auberge de jeunesse. Petit déjeuner : bananes et eau !! Chaussures de marche, coupe-vent, pull, écharpe et gants : à 9h20 nous démarrons le tour du Kirkjufull. Passer au-dessus des clôtures, enjamber les ruisseaux qui descendent de la montagne, marcher sur de gros cailloux, des zones humides, ça monte, ça descend, c'est assez physique. Nous avons comme seuls compagnons les moutons qui nous observent de près et semblent nous ouvrir la route, des oiseaux qui piaillent assez bruyamment au dessus de nos têtes (manifestement on dérange le calme ambiant), des coquilles de moules et d'autres coquillages. La mer semble à marée basse. Le sentier est extrêmement varié. Il faut regarder à chaque pas où on pose le pied. C'est hard mais tellement beau et dépaysant pour nous. Le guide annonçait un tour de 2 heures, mais il va nous en falloir presque trois. Daniel a fait plein de photos. Les pantalons et les chaussures sont pas mal crottés et moi je suis épuisée.
A midi nous allons manger au Kaffi 59 : double cheese burger avec des frites : les pommes de terre ne sont pas épluchées : ce ne sont donc pas des frites congelées Mac Cain ;-)
Après-midi nous entreprenons le tour du Snaefellsjökull en voiture par la route 573 qui part de Olafsvik, vers l'ouest. Il y a un vent de plus en plus violent. Daniel sort de la voiture pour plein de photos : église de Hellisandur à la pointe ouest, montagnes, cascades, Moi je n'ose plus sortir tellement le vent devient fort. A un endroit Daniel se fait agresser par un oiseau, une sterne arctique. Elle protège son petit qui est sur la route. Impressionnant spectacle, d'autant que le vent la force à reculer ! On se croirait dans Hitchcock.
Je sors quand même de la voiture pour visiter une grotte à trolls. Ca décoiffe, ça grimpe et j'ai le souffle coupé par le vent. Arrivée enfin à l'entrée de la grotte, je renonce : il faut franchir de gros cailloux sur le torrent qui sort par un passage étroit. Je ne vois pas du tout où cela débouche et je ne m'y risque pas. Trop peur de m'étaler dans l'eau dans le noir !
Sur la route nous avons encore vu une caravane renversée sur le côté dans un talus. Dangereuses les routes ici ! Pour ouvrir la portière, il faut se cramponner de toutes ses forces. Pas étonnant les bosses dans les carrosseries !
Nous contournons le glacier Snæfellsjökull. Daniel s'arrête quantité de fois : stop, feux de détresse et encore une photo. On ne s'en lasse pas. C'est fabuleux. Le ciel est de plus en plus bleu et lumineux mais le vent ne faiblit pas.
De retour à l'auberge de jeunesse, 5 minutes de repos et retour au Kaffi 59 pour le souper : Salade Caesar délicieuse.
Lever et valise bouclée à 8h40. Nous allons déjeuner au Kaffi 59. Pas de bol, c'est fermé. Va donc pour le Kaffi Emil, ça ouvre seulement à 9h ! Nous patientons le long du petit port. Peu d'activité. La poste est fermée aussi. Ce ne sont pas des lève-tôt !
Le kaffi ouvre enfin, mais on ne se presse pas pour le service. Un petit musée et un diaporama de photos anciennes de Fredrikson nous intéresse bien. Le temps est au beau fixe. Nous démarrons vers l'est aujourd'hui.
A partir de Stykkishólmur la route devient une piste et la voiture s'encrasse rapidement, après le passage de l'arroseur. Le fjord, les petites églises, les fleurs de coton, tout est beau et calme. Le parcours prend à nouveau plus de temps que prévu. Nous arrivons à Eriksstadir où nous visitons la maison reconstituée d'Erik le Rouge, qui a découvert l'Amérique vers l'an 1000. Dans la maison une dame en costume d'époque nous explique les us et coutumes de l'époque. Daniel est déguisé en guerrier et moi aussi d'ailleurs. Il fait bien chaud dans la chaumière, grâce à un feu. Nous visitons le garde-manger, responsabilité exclusivement féminine et l'atelier plus masculin. Le toit d'herbe est arrosé régulièrement et doit tenir 30 ans !
Dîner à Hlidavegur. Le plat de poisson est spécial mais pas mauvais : gratin avec riz au curry, agrémenté d'un peu de poisson et de légumes. Il y a plus de personnel que de clients et leurs enfants ont selon Daniel un air triste !
Nous suivons la vallée du Laska, rivière à saumon. Visite éclair de Reykholt car il est grand temps de reprendre la route n°1. Nous devons remettre la voiture à 19h. L'entrée en ville ne se passe pas si bien que prévu. Le GPS ne connaît pas l'Islande (c'est malin !) et le smartphone ne fonctionne pas, ce qui fait que la tablette ne peut pas se connecter sur google maps. Nous nous arrêtons le long de la baie de Reykjavik, tout près du Sölfarid (bateau drakkar viking stylisé en aluminium). Dans une agence Europcar on nous indique la route vers le Radisson Blu Saga. Nous passons certainement à quelques endroits remarquables mais nous sommes bien trop pressés pour nous en rendre compte. Nous trouvons finalement l'hôtel et sa réception à 19h pile ! Ceci dit le lendemain matin à 9h avant le départ avec le groupe, la voiture est toujours à la même place, mais ça ne nous concerne plus !
Notre chambre est magnifique, c'est une suite au 6e étage avec vue sur la ville et la cathédrale Hallgrimskirkja : tout confort. Le repas assez cher est un buffet pris dans l'hôtel ; à déconseiller pour le rapport qualité-prix mais une nouvelle fois nous étions affamés et boire un demi-litre de bière Gull fut un délice.
Rencontre avec le groupe et Annie la guide bruxelloise, et le chauffeur Johann, dit Yo-i, plutôt hyperactif. Les membres du groupe, français et belges, de tous âges, tous sympas. 5 personnes manquent à l'appel. Problème d'avion, ils nous rejoindrons plus tard. Nous voilà partis. Un des touristes manquants est l'objet de toutes les sollicitudes ; selon le réceptionniste de l'hôtel il serait déjà parti seul en taxi de bon matin au Blue Lagoon.
Annie nous présente la carte de l'Islande en relief dans une grande salle de l'hôtel de ville et nous parle de la dorsale sous-marine médio-atlantique. L'Islande se trouve ainsi à la jonction de deux plaques tectoniques. L'île s'étire au gré de l'activité volcanique de ce rift qui, par production de magma, écarte l'Europe de l'Amérique du Nord au rythme moyen de 2 cm par an.
Nous quittons la ville en découvrant de belles maisons et nous prenons une petite route jusqu'à une première usine de géothermie avant d'arriver au cercle d'or, à 50 km de Reykjavik.
C'est à Þingvellir que fut fondé en 930 le premier parlement marquant le début de la nation islandaise. L'Althing est considéré comme étant le plus vieux parlement d'Europe. Au bord d'un promontoire aménagé on découvre une belle vue du lac traversé par le Rift, ainsi que la plaine avoisinante résultat de l'effondrement lié à la fracture
Les voyageurs retardataires nous rejoignent après la visite des Plaines du Parlement'. Ils l'ont échappé belle. Leur avion Icelandair a un eu un gros problème après le décollage. Ils ont dû faire demi-tour et atterrir sur une piste de secours, un moteur étant en feu. Ils ont été accueillis par les pompiers, ambulances, La réparation prenant pas mal de temps, ils passent une courte nuit au Sheraton puis retour à l'enregistrement et nouvelle attente. Ils avaient les nerfs bien accrochés et certainement une envie irrésistible de découvrir l'Islande pour remonter vers 10 h dans le même avion. On va savoir enfin l'histoire de notre passager amateur des bains d'eau chaude du Blue lagoon. Didier est bien là, avec tous les équipements de sécurité ; il mettra plusieurs jours avant de comprendre pourquoi on l'a accueilli avec un petit sourire en coin. Mais il fut pour nous un compagnon de voyage bien sympathique.
Etape suivante : notre 1e chute d'eau : Gulfoss (Chute d'or). C'est une chute sur deux étages, avec un débit d'eau important, et un magnifique arc-en-ciel. Nous ne sommes pas déçus du spectacle.
Ensuite nous découvrons le parc du Geysir, qui a donné son nom aux geysers partout dans le monde. Ce mot islandais signifie jaillir'. Geysir lui-même ne se manifeste plus depuis de nombreuses années, mais son petit frère Strokkur, projette son eau chaude (à 100°) à 20 m de haut toutes les 3 à 5 minutes. C'est génial.
Le bus s'arrête encore à une magnifique petite chute(Faxi) le long de laquelle est aménagée une échelle à saumons. Ceci est une initiative du chauffeur et la guide est aussi ravie que nous.
La route vers le premier hôtel aurait pu être la dernière ! Soudain le car dévie vers le bas-côté et nous nous voyons déjà dans le décor. Par chance, le chauffeur parvient à rectifier de justesse la trajectoire et nous arrivons à Hveragerdi, célèbre pour ses serres chauffées par géothermie. C'est là que sont produits dans des serres les fruits et légumes islandais. Nous arrivons finalement à notre hôtel, tout neuf, tout carré et perdu en pleine campagne (hôtel Hlid).
Daniel et moi nous joignons à Jo-i pour l'apéro (une bière Viking). Je signale au chauffeur que j'ai des enfants qui s'attendent à mon retour, saine et sauve en Belgique. Pendant le souper il semble que la décision se prend de licencier le chauffeur. Après une étape supplémentaire nous serions trop loin de la capitale et les choses deviendraient trop compliquées.
Un nouveau chauffeur est déjà présent, Halldor. Très différent de Jo-i, calme, taiseux, doux avec le volant et le frein. Nous nous sentons en meilleure sécurité.
En route vers la côte sud de l'île et la découverte des volcans et de nouvelles chutes.
Premier arrêt à Seljalandsfoss, chute de 65 m au pied de l'Eyjafjallajökull (une vieille connaissance à nous, souvenez-vous de 2010)
On peut passer derrière la chute. C'est chouette, comme un rideau transparent qui bouge sans arrêt. Magnifique sous le soleil.
Ensuite la route traverse des champs de lave créés par la débâcle glacière qui a suivi l'éruption de l' l'Eyjafjallajökull. La route a été emportée. Nous contournons le massif volcanique pour atteindre un petit musée consacré à l'éruption où un film nous montre l'éruption et ses conséquences, en particulier pour un des fermiers les plus proches de la montagne. Nous sommes impressionnés et émus par le calme de ces gens face à un tel cataclysme et par la vitesse où tout a été remis en ordre, les récoltes de 2010 ayant été particulièrement bonnes, suite aux engrais amenés par les cendres qui avaient par ailleurs interrompu tout trafic aérien en Europe et en Amérique du Nord pour de nombreux jours.
Nous voilà repartis pour la chute de Skogafoss (62 m de haut et 25 m de large). Des escaliers ont été aménagés pour grimper jusqu'à la naissance de la chute sur la Skoga river. Moi j'ai du mal à arriver en haut, alors qu'Alex le jeune cabri' du groupe la monte 2 fois en courant !
La suite du trajet vers la réserve naturelle de Dyrtholaey et du village de Vik promet d'être le plus beau de not voyage' !
Effectivement ! Quel ravissement devant les innombrables macareux, ces petits oiseaux charmants, pas farouches, qui se rassemblent au bord de la falaise pour se reproduire, avant de s'envoler mi-août vers l'océan et une longue migration. Je suis 100% sous le charme, mais il faut repartir. A notre surprise le chauffeur prend l'initiative de monter par une piste escarpée (ouf, il est très attentif celui-ci !) Il y a encore davantage de macareux ici et on les voit d'encore plus près. Daniel est heureux de pouvoir ajouter un phare à sa collection. En Islande ils sont presque tous carrés. Nous voyons aussi beaucoup mieux que du bas le rocher percé qui prolonge les falaises.
Nous faisons encore arrêt sur une plage de sable noir à Vik, avec vue sur l'église qui est représentée sur tous les catalogues de voyage vers l'Islande. Un plus beau spectacle selon moi est celui des falaises marquées par l'érosion qui a façonné comme une cathédrale de colonnes basaltiques côté plage et des orgues noires au-dessus de nos têtes sur la petite crique à quelques mètres de là. Nous avons vraiment eu une journée exceptionnelle. J'ai déjà peur d'oublier une ou l'autre de ces merveilles de la nature.
Avant d'arriver à l'étape nous traversons encore un champ de lave qui cette fois est recouvert d'un épais tapis de mousse très douce, comme un matelas. Des pseudos-cratères, visibles uniquement en Islande et sur la planète Mars (aux dires de notre guide assez férue en géologie et en « saga » historiques) occasionnent un dernier arrêt, pour nous permettre des galipettes'. Cette région a été touchée en 1780 par l'éruption du volcan Katla qui a provoqué d'énormes dégâts et une forte diminution de la population islandaise, ainsi qu'un changement de climat en Europe. On dit même qu'elle est à l'origine des famines qui ont entraîné la révolution française quelques années plus tard.
Malgré la fatigue, après le souper à l'hôtel Icelandair de Kirkjubaejarklauster (tout confort), nous poussons encore jusqu'à une petite chute à quelques minutes vers la sortie du village. Et la nuit n'est toujours pas tombée, ce qui ne m'empêche pas de dormir !
Dès le départ nous nous approchons des langues glacières du Parc National de Skaftafell. Nous traversons une plaine créée par les débâcles glacières du 18e siècle pour arriver à la falaise Lomagnupur où selon la légende un géant arrêta les projets d'implantation en quête de territoires nouveaux ( voir les armoiries d'Islande avec les gardiens des 4 parties du pays ). Cette région est complètement inculte et hostile. Nous visitons toutefois la petite ferme de Nupsstodur, abandonnée depuis le décès de son dernier occupant en 2010, enterré à l'arrière de la petite chapelle traditionnelle, recouverte d'herbe.
Arrêt-photo près des restes tordus d'un pont emporté par la débâcle glacière, vue sur le glacier Öræfajökull, puis visite du centre d'information et visite de plus près de la langue glacière. Des groupes de sportifs bien équipés sont en randonnée sur la glace. Woaw ! Pas pour moi !
Un des tops du voyage est la ballade en bateau amphibie sur le lagon bleu de Jokulsarlon, pour voir de plus près les icebergs qui se sont détachés des glaciers et dérivent lentement vers l'océan. Spectacle magique. De nombreuses sternes arctiques piaillent aux alentours. Il fait 4° et le soleil brille. Je voudrais que cela dure toujours.
Mais bien sûr nous reprenons l'autocar vers Eglisstadir en longeant les fjords de l'est. Un arrêt près du phare de Höfn au pied du glacier Stockness avec son phare et sa base radar OTAN et ses montagnes aux formes étranges (les avis divergent sur le type d'animal représenté).
Nouvelle halte au port de pêche de Djupivogur située en face de l'ilot de Papey, occupé par les premiers moines irlandais.
La route vers l'étape du soir est assez longue et longe divers Fjords avant de traverser la montagne vers Eglisstadir. L'hôtel n'est pas très accueillant et la chambre assez limite pour nos deux grosses valises. Nous prenons le repas avec Jeanine et son compagnon, de Marseille, un peu désolés de ne pas pouvoir étendre le cercle par manque de place.
Journée pluvieuse. Nous avons passé la nuit à Eglisstadir, capitale de l'Est, ville nouvelle créée en 1944 et qui se situe au bord d'un lac dans lequel sévirait un monstre, cousin de celui du Loch Ness en Ecosse. La région a fait l'objet d'un vaste programme de reforestation qui fonctionne pas mal. C'est bien car le reste du pays est particulièrement pauvre en arbres. Tout le bois utilisé en Islande est importé, et l'absence d'arbres pose de gros problèmes d'érosion. Dans certaines régions les lupins jouent un rôle de stabilisation des terres. Eglisstadir comptant environ 2000 habitants, est proche du port de Seyðisfjörður, où accostent les bateaux en provenance du Danemark, Norvège et des Iles Ferroë.
La route N°1 s'élève au départ d'Eglisstadir et traverse une vaste région désertique. Le temps ne s'arrange pas, la route est caillouteuse et la neige est tombée cette nuit. On ne s'imaginerait pas vivre dans des conditions aussi rudes. On s'arrête cependant dans à la ferme de Möðrudalur pour prendre une boisson chaude. Il y a là un camping (oui, oui) fréquenté par les randonneurs, et une église construite et décorée de peintures naïves par le maître des lieux en l'honneur de son épouse décédée. Un tableau figure le sermon du Christ sur la montagne. On dirait qu'il descend sur son derrière !
En route à nouveau et nous voilà aux chutes de Detifoss et de Selfoss. La pluie a rendu le sentier très glissant et Daniel nous offre une chute spectaculaire dans la boue ! Heureusement pas de mal si ce n'est l'état de la veste et du pantalon. Detifoss est impressionnante par son débit parmi les plus puissants d'Europe, sur les gorges de Jökulsá au nord-est du lac Mývatn. Débit de 500 m³/sec, 45 m de haut et 100 m de large. En longeant la rivière nous découvrons Selfoss, une suite de plusieurs chutes plus petites (10 m) sur 100 m en arc de cercle/ Une fois de plus c'est un endroit magnifique, malgré la pluie.
Départ vers le Krafla, un des volcans les plus dangereux. Nous sommes à nouveau sur le rift médio-atlantique. Un champ hydrothermal s'y est créé au centre d'une caldeira d'une dizaine de km de diamètre. La zone de Namaskard au pied du Námafjall est remarquable avec les mares de boues bouillonnantes et ses fumerolles. Le souffre y était jadis exploité. Un monticule de cailloux recouverts de dépôts de souffre fume férocement en dégageant une odeur insupportable d'ufs pourris. C'est super ! Mais moins agréable que notre visite du second jour sur le site de Krysuvik.
Le lac Myvatn est un des plus grands lacs d'Islande (36.5 km2) avec des îlots et des rives très découpées. Il attire diverses espèces de canards et des nuées d'insectes. L'écosystème du lac comprend aussi des saumons et des truites, le lac étant relativement peu profond.
Pour l'arrêt de midi on s'arrête à la cafeteria des thermes naturels de Jardbodin où on peut se baigner dans une eau refroidie à 39° provenant d'une source d'eau chaude voisine, aujourd'hui sous la pluie, ou du moins la bruine et une température extérieure frisquette.
Nous visitons les colonnes de lave vieilles de 2000 ans à Bimmu Borgir. L'ambiance sous un ciel gris et la bruine me fait penser à Halloween. Des sentiers permettent de faire des km dans ce champ de lave chaotique mais nous ne ferons que la plus courte des promenades.
Les pseudo-cratères (comme sur la planète Mars) de Skútustaðagígar, formés par l'eau piégée sous le magma en fusion. Là encore une courte ballade dans le parc. Le chauffeur en profite pour laver son car ; il en avait bien besoin depuis la route caillouteuse conduisant à la ferme de Möðrudalur.
Nous longeons ensuite une rivière à saumon Laxa, qui nous conduit à Godafoss : chute des dieux. Encore une magnifique chute, plus large, en 3 parties, mais moins haute, sur le fleuve Skjálfandafljót. En l'an 1000 l'Alping adopte le christianisme et de retour de Þingvellir, le diseur de loi jette les idoles de lancienne religion dans la chute. Voilà pourquoi on lappelle la chute des dieux : Godafoss.
Létape de ce soir est la capitale du Nord de lIslande Akureyri (« champs dans une petite langue de terre »). Il s'agit de la seconde Ville d'Islande avec 17 000 habitants, à seulement 100km du Cercle arctique, située au fonds du Eyjafjördur. Le plus beau fjôrd d'Islande que malheureusement nous ne verrons que très peu. Son imposante église aurait mérité une visite ; mais l'heure d'arrivée était trop tardive.
Annie nous a dit et répété que nous logions dans les chambres d'étudiants de l'université, mais que c'était très bien'. Nous attendons de voir. Il est tard, nous sommes fatigués et le repas du soir est libre : à nous de descendre en ville pour trouver un resto. Les valises sont déchargées et nous attendons nos clés. Surprise, on ne nous attendait pas ! Après vérification du programme, notre hôtel est bel et bien un Icelandair, les meilleurs hôtels du programme. Imaginez la joie du chauffeur qui croyait bien que sa journée était enfin finie. Et bien non. Il n'a plus qu'à charger le bus une nouvelle fois pour nous déposer un peu plus loin. Pour moi, pas de regret car l'hôtel est super bien et j'en profite pleinement avant de repartir en ville pour souper. Nos amis français sont avec nous : René et Marie Agnès ainsi que Jeanine et son compagnon Marseillais. On a perdu Didier en chemin Les hommes goûtent la baleine dans le restaurant Bautinn, qu'on ne peut pas rater dans le petit centre ville. Personnellement je choisis un plat de fruits de mer, absolument divin.
Le retour s'amorce. Nous redescendons en direction de Borganes. La sortie d'Akureyri est pourtant magnifique avec tout autour les falaises (montagnes plates) nous invitant à un tour en avion. La route n°1 suit la vallée de l'Oxnadalur avec une rivière glacière agitée particulièrement belle. Les habitants de la vallée sont en conflit avec la compagnie électrique qui veut y déployer des pylônes électriques. Nous faisons un arrêt photo sur les fermes et la vallée ; chaque ferme a souvent sa propre petite église dans son périmètre d'habitations.
Nous faisons un arrêt à la ferme Flugumyri à Varmahlid, ou nous visitons un élevage de chevaux islandais avec une démonstration des différentes allures pratiquées dont le célèbre « tölt » islandais pour lequel plusieurs chevaux de l'élevage ont été primés dans des concours internationaux. C'est assez impressionnant ce que l'on peut obtenir de ces petits chevaux bien sympathiques qu'on ne doit surtout pas confondre avec des poneys.
A Blonduos, nous faisons la pause de midi dans un restaurant sympa ; j'en profite pour faire quelques photos de l'église moderne toute proche. Puis nous reprenons notre longue route vers le Sud avec un arrêt pour visiter l'église romane de Pingeyrar (1877), qui est construite en pierres taillées au bord d'une lagune de sable noir (sur Hunafjördur). Nous admirons les riches décorations.
Annie nous conte des sagas islandaises. Daniel s'endort ! Moi j'ai du mal à supporter la longueur du trajet. J'ai des crampes au ventre et on arrive à l'hôtel de justesse, heureusement sans se tromper d'adresse cette fois ;-). Mais j'ai bien cru ne pas résister au dernier arrêt pour visiter le site de l'église de Borg juste en périphérie de Borganes située à l'endroit où Skallagrímur Kveldúlfsson, un des premiers colons islandais s'installa.
Nous nous installons et décidons de découvrir à pied Borganes avec nos amis René, Marie Agnès et Didier, puis finalement nous dénichons après une demi-heure de recherche l'un des rares cafés de l'endroit à 100 m de l'hôtel.
Dernier jour du circuit et retour à Reykjavik après une répétition de la visite de Þingvellir pour nos amis retardataires du début du circuit. Le bus revient dabord sur le site de Reykholt que nous avions visité au terme de notre périple en voiture. On y découvre toutefois le site de la ferme où Snorri Sturluson, le chef de clan et écrivain ( on lui doit la retranscription poétique des sagas chères à notre guide) qui a vendu lIslande au roi de Norvège et y a finalement été assassiné. Nous visitons également un site de géothermie tout proche Deildartunga où leau chaude jaillit à la surface en de nombreux endroits. Des tomates locales sont en vente devant le site.
Puis le bus fait un dernier arrêt aux chutes de Hraunfossar et Barnafoss. Cette fois ce sont vraiment les plus belles du pays.
Avant darriver à Þingvellir, le bus parcourt à nouveau une route caillouteuse qui nous permet de découvrir encore de belles vues sur les volcans et les glaciers du centre du pays.
De retour au Radisson Blu Saga à Reykjavik nous faisons nos adieux à Annie et aux autres participants et nous voilà déjà repartis à pied cette fois, vers le centre ville.
Nous passons dans le vieux cimetière où nous remarquons le Monument de Pierre Loti aux marins français (Pêcheurs dIslande). Nous arrivons sur le port où une exposition permanente liste les naufrages en mer au large de lîle. Impressionnant et effrayant ! Nous prenons un excellent repas dans le vieux port dans un bon restaurant de poissons.
Il pleut, il fait froid et il y a beaucoup de vent.
Visite le matin du musée national tout proche de lhôtel. Ce musée permet de revisiter lIslande à travers les siècles y compris dans les dernières décennies avec divers objets parfois insolites comme le premier ordinateur portable.
Puis nous prenons un taxi vers le dernier hôtel de notre escapade en Islande, en plein centre de Reykjavik : le Center hôtel Skjaldbreid, rue Laugavegur. Nous visitons la cathédrale luthérienne Hallgrímskirkja, où nous avons la chance d'assister à une répétition à l'orgue impressionnant et majestueux qui compte plus de 5200 tuyaux. Cette église me plait beaucoup, très élancée avec son architecture qui rappelle indéniablement les colonnes basaltiques, présentes en grand nombre en Islande et que nous avons observées de près sur la plage de Vik.
La statue au pied de l'église représente Leifur Eiríksson , fils d' Erik le Rouge , qui a découvert l' Amérique (voir le 1er août, la maison d'Erik le rouge et nos tenues de guerriers).
Pour le reste la fin du séjour en Islande sera plus cool. Nous avons tout notre temps pour parcourir la sympathique petite ville de Reykjavik qui se prépare à la Gay Pride de samedi.
La journée s'annonce meilleure qu'hier. Nous entreprenons la visite systématique de la ville tout en faisant un peu de shopping, cadeaux et souvenirs. Photos du bateau Drakar stylisé, de Harpa, l'opéra très moderne et salle de concerts et centre de congrès monumentale qui a contribué à accélérer la crise financière en Islande. Le bâtiment est constitué d'un cadre en acier revêtu de panneaux de verre de formes irrégulières et de différentes couleurs.
Daniel est particulièrement attiré par les fesques murales que l'on découvre à l'arrière de la rue commercante principale. La ville est parsemée de statues parfois surprenantes. Notre visite nous conduira également près des divers bâtiments officiels représentant le pouvoir islandais : son Parlement (Alting), l'hôtel de ville, la maison du Gouvernement, la Banque d'Islande (avec sa « muraille de lave » qui a inspiré un polar de mon auteur islandais préféré Arnaldur Indridason, , . Près du lac, un goéland particulièrement entreprenant n'épargne pas Daniel avec ses déjections. Enfin de jolies maisons islandaises colorées donnent un cachet particulier à Reykjavik même par temps couvert et pluvieux.Dernier jour. Le ciel s'est définitivement éclairci. Nous réservons le Fly Bus vers l'aéroport pour notre retour en Belgique de ce soir. Longs palabres avec le réceptionniste, car il semblerait que la fréquence des bus soit fortement réduite à cause de la Gay Pride. Nous devrons quitter l'hôtel avec nos bagages vers 16h30 pour notre vol à 21h40.
Visite de la cathédrale catholique avec son petit cimetière occupé par les Systar et Brodir religieuses et religieux. Puis nous faisons le tour du Flea Market, ouvert uniquement le week-end. C'est une sorte de marché-brocante assez animé.
Dîner-salade au Café de Paris à côté d'une famille de Philippins dont le gamin de 4 ans manipule avec dextérité et beaucoup de plaisir (communicatif) sa tablette informatique.
Ballade dans le parc du lac Tjörnin près de l'hôtel de ville dans l'attente du début du cortège. Je découvre une mini-bibliothèque qui contient entre autres un livre de psychologie en français. Les recettes pour prendre les bonnes décisions en 2 minutes peuvent bien me servir un jour, pourquoi pas ?
Le défilé de la Gay Pride est haut en couleur. Daniel fait beaucoup de photos. La foule est nombreuse. Les pelouses de la maison du gouvernement sont prises d'assaut. Nous prenons un dernier verre dans un bistrot bien sûr fréquenté par les vedettes du jour, entre autres un travesti perché sur de hauts talons et qui a mal aux pieds ;-)
Le Fly bus arrive presque à l'heure et nous dépose à la gare des bus où nous embarquons avec d'autres voyageurs vers Keflavik. Quelques bouchons nous ralentissent suite à la foule inhabituelle qui quitte Reyjkavik à cette heure. Mais pas de soucis nous avons tout le temps !
Bye bye l'Islande ! Nous avons déjà la nostalgie de ce magnifique pays ! Nous y reviendrons certainement un de ces jours, promis !
Carnet de voyage